Rennes, 3ème PIB des grandes villes françaises.

L’Association des Maires de Grandes Villes de France (AMGVF), a rendu publique une étude pionnière sur le rôle économique des grandes villes et agglomérations, réalisée en partenariat avec la Caisse d’Epargne. Pour la première fois, cette étude évalue leur PIB, dépassant les travaux de l’INSEE qui n’évalue à ce jour que les PIB régionaux. L’étude met également l’accent sur la redistribution de la richesse créée : si la ville est créatrice de richesse, elle la redistribue largement. Cette étude, rendue possible grâce aux simulations des pouvoirs publics réalisées dans le cadre de la réforme de la taxe professionnelle, fera date dans le champ de l’économie territoriale.

Près de 50 % de la valeur ajoutée (VA) en France est effectuée sur le territoire des grandes agglomérations. C’est le principal enseignement de l’étude « Rôle économique des grandes villes et agglomérations ». Selon l’étude, les VA par habitant des territoires urbains sont comprises entre 20 000 et 55 000 euros (hors Paris, dont la VA est évaluée à 80 000 euros), pour une moyenne de 37 600 euros, alors que la moyenne France entière est évaluée à 30 600 euros par habitant.

Ces chiffres montrent que le rôle économique des grandes villes est considérable. Il induit une double responsabilité : assurer un développement vital pour l’ensemble de l’économie nationale, et participer au processus de répartition de la valeur créée, tant en termes de fiscalité nationale que locale, de façon équitable eu égard à leurs charges.

Le deuxième enseignement de cette étude porte sur la répartition de la richesse créée dans les grandes villes. La valeur ajoutée des territoires n’induit nullement que les habitants de ces territoires ou leurs collectivités arrivent à conserver l’essentiel des valeurs produites, car de nombreux et puissants transferts sont à l’œuvre. Il apparaît clairement que la richesse créée dans les grandes villes ne reste pas dans les territoires émetteurs. Le vecteur le plus important est représenté par les impôts (impôts sur le revenu et fiscalité locale) qui sont supérieurs dans les zones créatrices de richesse et viennent alimenter l’ensemble des budgets publics (Etat, sécurité sociale, transferts vers toutes les collectivités). En terme de fiscalité sur le revenu, on peut noter que la sur-imposition des ménages dans les grandes villes est de l’ordre de 15 % en moyenne. Pourtant, les revenus sont largement inférieurs aux VA évaluées, montrant qu’ils ne sont pas complètement localisés. En fait, ils sont très resserrés entre 10 000 et 12 000 euros par habitant. En d’autres termes, cette étude montre que la ville est créatrice de richesse, pour partie conservée, mais très largement redistribuée. Ces enseignements illustrent la nécessité de trouver un équilibre entre une production économique qui doit rester dynamique et la redistribution territoriale des richesses.

Retrouvez l’étude complète

Avec 55000 € de valeur ajoutée par habitant, Rennes se classe 3ème en France derrière Paris et St Quentin en Yvelines. Nantes est 16ème, Caen 21eme, Le Mans 25eme, Angers 47ème, Brest 51ème et Lorient 59ème.

Rennes est également en tête dans la redistribution du produit fiscal vers les autres territoires (département, région). Par exemple, si le produit fiscal rennais à destination du département représente la moitié du produit total sue le département, seul 25% environ reviennent à la ville de Rennes et à l’agglomération.

Le rôle moteur de Rennes est donc souligné en terme de développement économique. Mais la solidarité envers le reste du département est à nouveau prouvée et, dans cette étude, exactement mesurée.