Voeux 2012 de D.Delaveau - Espoir et innovation

Je suis heureux de vous accueillir toujours aussi nombreux dans cet espace du Liberté pour vous souhaiter une bonne Année 2012. Je voudrais placer cette rencontre sous le signe de l’Espoir et de l’INNOVATION. Il ne s’agit pas de nier le contexte social et économique très difficile. Le Pays de Rennes paie lourdement les conséquences d’une crise particulièrement grave. Les annonces de suppression de postes chez PSA, les inquiétudes dans le secteur du bâtiment ont assombri la fin de l’année 2011. La montée du chômage se poursuit comme inexorablement, même si notre agglomération et notre région sont moins touchées que d’autres. Tout cela renforce la priorité que nous donnons à l’action économique et l’attention que nous portons à la situation des salariés. 

 

Mais l’heure n’est pas à se complaire dans des constats cent fois répétés, ni à se perdre dans des diagnostics trop velléitaires. Au contraire face aux défis à relever, -construire l’avenir et conforter les solidarités-, l’action publique, en particulier l’action de nos collectivités, doit plus que jamais affirmer ses ambitions. 

 

Certes, nous n’avons pas la compétence de créer directement l’emploi mais nous avons la responsabilité de créer les conditions pour que l’emploi puisse se développer quelles que soient les difficultés. S’agissant de la filière automobile,   les savoir-faire accumulés depuis 50 ans, les efforts importants pour améliorer la productivité de l’établissement sont les meilleurs garants de la fiabilité et de la pérennité du site de La Janais.  Avec de nombreux partenaires, nous participons au développement des outils d’innovation et de recherche pour préparer le véhicule de demain, qu’il  s’agisse de l’amélioration du véhicule thermique, du véhicule hybride ou du véhicule électrique. Je voudrais citer le projet 3D-Mat dont l’objectif est de créer un pôle de compétence en modélisation. Laboratoires et entreprises (Rhodia, Plastic Omnium, X Stream ou Gestamp) coopèrent pour faire de Rennes le pôle de compétence référent au niveau national, voire européen. C’est un exemple parmi d’autres de la vitalité de nos pôles de compétitivité. 

 

Nous continuons aussi à aider l’expérimentation du véhicule électrique, c’est l’objet de la convention signée par la Région et Rennes Métropole avec PSA.  Au-delà il s’agit aussi d’aider les innovations dans les nouveaux usages et la gestion des mobilités comme l’autopartage avec City Roul.

 

Toujours dans le domaine de l’innovation, -je n’oublie pas que nous sommes au cœur d’un puissant  bassin agricole-, la plateforme d’ingénierie culinaire  rassemble une cinquantaine d’organismes et d’entreprises qui fondent le dynamisme de la filière agroalimentaire, avec un objectif de qualité et de création gastronomique. Le bâtiment sera opérationnel au début 2013. Sans revenir sur l’ensemble des Pôles de Compétitivité bretons, je veux souligner le rôle clé joué par le Pôle Images et Réseaux dans l’élaboration du dossier de l’Institut de Recherche Technologique B-Com qui a été présenté le 7 décembre dernier : cet Institut est un modèle en soi de cristallisation des forces de recherche privées et publiques et fera partie des 8 IRT français.

 

Autre dossier clé dans les investissements d’avenir, je veux saluer la labellisation de la SATT Ouest-Valorisation (Société d’accélérations du transfert de technologie)- le 22 décembre dernier avec un financement de 70 millions d’euros. L’UEB, qui en est à l’initiative avec les organismes de recherche, y a associé l’Université de Nantes.

 

 

 

Je me félicite également du succès remarquable du projet INMEDIAS porté par notre Espace des Sciences, en collaboration avec 5 autres partenaires, dans le domaine de la culture scientifique. 

 

En complément naturel de cette option d’innovation, nous continuerons à développer le soutien à la création d’entreprises et à l’accompagnement des jeunes entreprises. Ainsi l’espace Biopôle, aujourd’hui en phase de construction, est destiné à l’accueil des jeunes entreprises spécialisées dans la biotechnologie. 

 

Il n’est pas non plus inutile de rappeler quelques exemples de développement : 

 

Rennes Atalante qui consacrera l’année 2012 à la redéfinition de son projet stratégique a observé la création de 761 emplois nets en 2011 dans ses entreprises adhérentes. 

 

Je voudrais citer aussi l’extension du Centre de Recherche et Développement de l’entreprise Biotrial presque achevée sur le site Atalante Villejean ; le bâtiment Recherche et Développement à vocation mondiale Technicolor se poursuit sur les Champs Blancs pour une livraison en 2012. L’innovation n’est pas seulement technologique ; et elle concerne tous les secteurs d’activités, ne l’oublions jamais, et les entreprises de toute taille : soutenir le développement des PME/PMI et des entreprises artisanales est essentiel au dynamisme et à la création d’emplois. J’ai ainsi eu l’occasion de visiter l’entreprise Panaget installée à Bourgbarré qui, après le départ de la Holding Allemande MDB-AG, a été reprise par les cadres dirigeants avec l’aide de nos collectivités. 

 

L’esprit d’innovation est donc une caractéristique de notre agglomération. C’est pourquoi à l’heure où chacun cherche sa marque, nous avons décidé de promouvoir l’excellence de la métropole rennaise au travers d’un réseau social d’innovations que nous allons appeler Rennes-Novosphère. 

 

Avec une vingtaine de partenaires économiques, universitaires et culturels,  il s’agit de sélectionner des créateurs et leurs projets innovants pour leur donner de la visibilité et pour créer un effet d’image sur notre territoire. Cette approche de l’innovation n’est pas exclusivement technologique, mais veut s’appuyer aussi sur l’innovation par les usages. Elle est ouverte aussi bien aux milieux créatifs de l’économie, du social, de l’art et de la culture, du  monde académique, sportif, etc…..

 

Le premier rendez-vous est fixé le 21 mars prochain pour présenter les premiers projets labellisés. 

 

Cette stratégie de l’innovation repose sur un socle essentiel : la formation tout au long de la vie. Je veux, une nouvelle fois, redire ma conviction : l’investissement dans la formation, la recherche et l’innovation est la clé essentielle de la croissance et de l’emploi. De la maternelle au laboratoire de recherche, en passant par le Plan Educatif Local, c’est la même priorité à la formation. Avec la Région, l’agglomération devient un maillon de plus en plus important pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche. L’année 2012 verra la mise en œuvre progressive des projets retenus dans le cadre du programme national des investissements d’avenir ; cette année sera aussi l’occasion de tirer le bilan des succès et échecs aux différents appels à projets. Sans être dupe d’une “mise en concurrence” dangereuse, en particulier pour les dynamiques en émergence, si nous avons été  déçus du rejet de notre dossier d’Initiative d’excellence, IC Ouest, je veux voir d’abord l’immense travail qui a été mené entre les Universités, les grandes écoles, les laboratoires et organismes de recherche pour mettre en synergie toutes les compétences au plus haut niveau, en particulier dans les domaines des TIC, de la santé, des matériaux, de l’Environnement. Je veux ici saluer le travail considérable, impulsé et animé par Guy Cathelineau, Président de l’UEB et de Rennes 1, et Patrice Quinton, au titre des Grandes Ecoles. Ce travail reste d’actualité et crée une nouvelle dynamique. 

 

 Rennes Métropole et la Ville de Rennes entendent jouer un rôle actif aux côtés des acteurs concernés par la structuration et le renforcement du site universitaire rennais. 

 

Les projets sont multiples : après l’inauguration du bâtiment S de sciences humaines de l’Université de Haute-Bretagne, l’ouverture ce matin même de la bibliothèque Paul Le Bohec à l’IUT de Rennes, l’année 2012 verra la poursuite de l’organisation du Pôle Végétal, l’IRSET, (l’Institut de Recherche sur la Santé, l’Environnement et le Travail), le campus d’excellence sportive, la poursuite du rapprochement des deux Universités Rennes 1 et Rennes 2 et des collaborations avec les Grandes Ecoles, la concrétisation du campus numérique avec la constitution du dossier d’appel à projets, les études de maîtrise d’œuvre pour la Cité Internationale. Le dossier de l’autonomie de notre antenne de l’ENS Cachan reste à faire aboutir ; en même temps je salue le rapprochement qui vient d’être annoncé entre Supelec et l’Ecole Centrale. 

 

On le voit bien, au plan national, comme au plan local, nous sommes en phase de forte structuration ; il nous faut plus que jamais accompagner vigoureusement le dynamisme de nos équipes et renforcer la stratégie et la coordination du site rennais. En lien étroit avec les Présidents d’Universités et les responsables des grandes écoles, en lien avec la Région, nous voulons mettre en œuvre un schéma de développement universitaire (SDU) en y associant tous les acteurs de la recherche et de la formation, dans une logique de développement de nos domaines d’excellence. Il nous faut réfléchir à l’aménagement des sites universitaires et à leur insertion dans la ville : Beaulieu et son insertion urbaine notamment en lien avec le métro, Villejean, le Centre Ville avec la belle perspective du Palais Saint-Melaine. Le site de Ker Lann doit participer à cette dynamique. 

 

J’évoquerai aussi, dans cette dynamique d’innovation nos projets et réalisations en matière de “ville numérique”. Rappelons en particulier notre politique de l’Open Data de mise à disposition de données publiques et le soutien à la création d’applications et de services en ligne pour mieux répondre aux nouveaux usages et besoins de nos habitants. Cela me donne l’occasion de saluer le premier anniversaire de la Cantine numérique qui est un véritable succès par sa fréquentation et son travail d’information et d’animation de réseaux. 

 

Je voudrais aussi souligner l’action du CRIJ et la pépinière qui a abouti à l’ouverture en septembre dernier, de la coopérative inter-associative des jeunes à la Robiquette. Avec cet espace de travail, la jeunesse témoigne elle aussi de l’élan créatif de notre territoire, de sa capacité à créer une dynamique collective. 

 

Un mot sur  l’accès à l’emploi et l’insertion : missions confiées à la MEIF, à la Mission Locale et aux Points Accueil Emploi ; structure originale, l’Exploratoire ouvert en janvier 2011 a comme objectif d’informer sur les métiers ; il sera aussi le lieu d’information sur tous les grands chantiers à venir et l’opportunité d’emplois nouveaux (je pense notamment au chantier de la LGV).

 

L’innovation est notre premier atout, un atout qui participe de l’attractivité de notre territoire, illustrée aussi par la dynamique démographique ;  Rennes Métropole gagne environ 3 000 habitants par an. Face à cette forte croissance, notre mission centrale est d’assurer l’accueil des populations,  l’habitat, les mobilités et la qualité du cadre de vie. Malgré le contexte de crise, nous poursuivons nos objectifs du Plan Local de l’Habitat, partagé aujourd’hui par les 37 communes de l’agglomération : livrer quelque 4 500 logements par an dont la moitié de logements aidés. Cet objectif quantitatif se double d’une ambition qualitative avec des projets innovants liant la qualité architecturale, énergétique et environnementale, la diversité des formes urbaines, voire l’expérimentation d’habitat participatif ; bref une logique de développement durable, en cohérence avec notre Plan Climat. 

 

 Parmi nos défis, nous voulons mieux répondre aux souhaits des familles avec enfants –donc diversifier les possibilités d’accession sociale à la propriété– et offrir des solutions aux personnes les plus en difficulté. Pour répondre à tous ces objectifs, il faut croiser toutes les initiatives : créer de nouveaux quartiers, rénover les logements existants et prévoir les quartiers de demain. Beauregard poursuit son développement, l’écoquartier de la Courrouze a été distingué dans le palmarès national écoquartier 2011 : 1 621 logements sont déjà livrés ou en chantier, et près de 35 000 m² de bureaux sont déjà occupés. L’Ecocité ViaSilva est en préparation, une première phase opérationnelle prête à démarrer ; le site stratégique du quadrant Sud Ouest est à l’étude. 

 

Parallèlement, la requalification des quartiers existants est lancée sur Maurepas-Gayeulles et sur le Blosne. Je veux souligner la démarche du « Musée Ephémère » à Maurepas, qui a permis aux habitants de l’immeuble Balleroy, dans 5 appartements, d’illustrer leur histoire dans ce quartier et, en même temps, d’avoir une présentation pédagogique du projet urbain du Gast.

 

Pour le Blosne, les tours Volga Prague vont être transformées pour accueillir une résidence pour jeunes travailleurs, un pôle d’activité des services à domicile, un pôle de formation pour le personnel de santé, une crèche associative ; c’est un des  premiers jalons du programme de réaménagement du quartier, qui répond à l’objectif de développer la mixité sociale et fonctionnelle. 

 

Autre priorité : la réhabilitation du centre ancien à Rennes qui participe à la dynamique de valorisation de notre patrimoine et à l’identité de notre ville.  Un mot sur le Couvent des Jacobins : les fouilles qui viennent d’être lancées avant la construction du futur Centre de Congrès illustrent bien la perpétuelle reconstruction de la ville sur elle-même. Sur le centre ancien, une nouvelle opération programmée d’amélioration de l’habitat a été lancée au début 2011 avec l’objectif de rénover les parties communes de 150 immeubles sur 5 ans et de réhabiliter 150 logements. Après 11 mois de fonctionnement, nous avons déjà engagé 140 dossiers « actifs ». 

 

Cette action volontariste en matière d’habitat a été saluée par l’Union Sociale de l’Habitat, en décidant d’organiser son 73ème Congrès National à Rennes du 25 au 27 septembre prochain. A cette occasion, nous pourrons célébrer le 100ème anniversaire de la loi Bonnevay qui a institué les offices publics d’HBM (habitations bon marché) et, coïncidence de l’histoire : 1912, c’est aussi l’année de naissance de Henri Grouès, futur Abbé Pierre. 

 

Bien sûr, ces opérations n’ont de sens que dans une vision urbaine maîtrisée et une stratégie volontariste des déplacements et des mobilités. L’année 2012 sera marquée par les travaux de la 2ème phase de l’axe Est Ouest : d’une part, le Mail François Mitterrand (il s’agit aussi d’une requalification urbaine majeure pour le centre ville) et, d’autre part, les 2,5 km entre Cesson et Rennes  pour réaliser la voie bus en site propre. C’est une belle illustration de la cohérence de notre système de transports urbains : la complémentarité entre métro, bus, cars, trains, vélos. Nœud central de cette intermodalité, le dossier EuroRennes va entrer en phase opérationnelle.

 

Le dossier de la 2ème ligne de métro a franchi une nouvelle étape avec l’enquête d’utilité publique en cours jusqu’à la fin du mois de janvier ; la décision sur l’avant-projet en mars prochain, sera accompagnée d’une décision d’approbation du plan de financement. Je me félicite de la reconnaissance par l’Etat du caractère exemplaire de notre dossier avec une participation de 91 millions d’Euros. Je me félicite également de l’engagement de la Région et du Département sur ce dossier. Je voudrais saluer le dialogue constructif que nous avons eu avec la Chambre de Commerce et d’Industrie et l’Union des Entreprises à propos de l’augmentation du versement-transport qui sera porté en deux étapes de 1,8 à 2 %, en application des lois issues du Grenelle 2. C’est un effort demandé aux entreprises en cette période difficile –comme il en sera demandé au contribuable particulier- mais il s’agit de l’intérêt collectif ; chacun sait que cet investissement bénéficiera aussi à tous.  J’ai pris, par ailleurs, l’engagement de renforcer le dialogue avec les entreprises dans l’ajustement de nos dessertes en transport collectif, et dans le développement des plans de déplacement d’entreprises qui connaissent déjà un vrai succès (45 000 salariés sont déjà concernés). 

 

Dans les transports aussi, l’innovation est la clé du progrès. 

Outre le choix du mode Cityval pour la 2ème ligne de métro, 2011 a vu se déployer le système d’aide à l’exploitation et à l’information des voyageurs. Il permet de connaître en temps réel, le passage du prochain bus, les perturbations, les correspondances, etc. A l’étude aussi, le déploiement des services mobiles sans contact NFC prolongera les services offerts par la carte Korrigo en associant transports, services bancaires, universitaires et urbains. Le dossier rennais fait partie des premiers projets sélectionnés par l’Etat au plan national.  A cette occasion, je veux souligner le rôle d’entraînement que joue Rennes sur l’ensemble de la Région : la carte Korrigo, née à notre initiative, avec un fort investissement financier, et le soutien de la Région, a été conçue dans la perspective d’une application plus large sur la Bretagne et je me réjouis de l’extension de l’usage de cette carte à Brest, Quimper, Lorient et les Côtes d’Armor actée à la fin de l’année dernière. C’est un bel exemple de synergie.

 

Tous ces investissements habitat, transport, contribuent au développement économique et à la création de milliers d’emplois ; ils  participent au bien vivre ensemble, à la qualité de vie et à la cohésion sociale, tout comme le maillage des équipements de quartier qui ont pour vocation d’encourager la vie associative. 

 

Sur ce plan, l’année 2011 a été marquée par l’ouverture du nouvel Espace Social et Culturel Aimé Césaire, aux Champs Manceaux : à noter aussi l’ouverture des locaux du service d’aide et d’accompagnement à domicile pour les personnes âgées du secteur Sud. En 2012, seront engagées les études sur l’ESC Maurepas ;  pour la petite enfance ont été lancés les travaux sur la crèche Alma et la crèche Alain Gerbault participant à l’objectif de création de 400 places d’accueil supplémentaires d’ici 2014 ; des travaux importants sur l’école maternelle Quineleu, la construction des vestiaires et des tribunes pour le Stade Salengro, le terrain de rugby Alain Crubillé au Champ Orand, un terrain synthétique de foot à Bréquigny. De nombreux projets : la Maison des Associations, la Maison de la Consommation et de l’Environnement, les études pour l’équipement de quartier Centre-Ville Nord, Beauregard, etc…. 

 

J’arrête là cette énumération très incomplète qui n’a d’autre intérêt que d’illustrer notre détermination à compléter et adapter l’équipement des quartiers de notre ville. Il ne pourrait y avoir de cohésion sociale sans services de proximité, petite enfance, action éducative, socio-éducatif, accueil des personnes âgées. 

 

Tous ces investissements matériels n’auraient pas de sens s’ils ne permettaient pas le développement de l’action sociale et associative. Et je veux redire ici la place essentielle de la vie associative dans notre “vivre ensemble”, “notre vivre en intelligence”. L’engagement des citoyens est essentiel pour donner du souffle : Conseils de quartier et associations de quartier, associations sociales, culturelles, sportives, associations de parents d’élèves, de protection de l’environnement, associations d’anciens combattants…. Je remercie toutes celles et tous ceux qui acceptent de donner de leur temps et de leur énergie au bénéfice de la vie collective. 

 

Nous sommes en permanence au contact et à l’écoute de toutes ces forces vives : à l’échelle des quartiers, des équipements, des projets –petits ou grands- dans un esprit de concertation. En tant qu’élus, nous assumons notre responsabilité de décideur, mais nous sommes déterminés à poursuivre ces temps de rencontre et de dialogue pour être à l’écoute de besoins, améliorer et construire nos projets et ensuite expliquer nos décisions. C’est cela la démocratie citoyenne. 

 

Dans le domaine social, je voudrais évoquer quelques points significatifs de nos choix :

 

  • D’abord faire référence au travail constant du CCAS dans l’accompagnement global des usagers. Parmi les éléments nouveaux, le renouvellement du Pacte Rennais d’insertion vise à formaliser et développer l’engagement partenarial dans le suivi des bénéficiaires du RSA.
  • Je citerai la mise en œuvre du microcrédit personnel pour apporter une réponse complémentaire adaptée aux besoins des travailleurs pauvres. 
  • Je veux évoquer également toutes les actions en faveur des plus défavorisés, notamment l’hébergement d’urgence en rappelant aussi l’initiative que nous avons prise avec le dispositif COORUS pour les demandeurs d’asile, en lien avec les associations et sous la responsabilité de l’Etat. 
  • Après l’obtention du label “bien vieillir ensemble”, nous sommes inscrits dans le réseau mondial “des villes amies des aînés” (OMS), avec une  approche globale sur les questions d’habitat, d’accès aux services, d’isolement pour améliorer la vie de nos aînés. 
  • La carte “Sortir” que nous avons mise en œuvre pour favoriser l’accès aux sports, aux loisirs et à la culture : lancée entre Rennes et Saint-Jacques, elle va s’étendre sur 18 communes de notre agglomération : aujourd’hui ce sont plus de 20 000 bénéficiaires. 

 

La culture est aussi un élément déterminant au carrefour de la cohésion sociale et de la dynamique de rayonnement. A Rennes, notre atout est le foisonnement des initiatives et la concentration des talents. La diffusion de l’Opéra “l’enlèvement au Sérail” de Mozart a été suivi par des milliers de personnes place de la Mairie, mais aussi en direct dans les communes de l’agglomération, dans d’autres villes de Bretagne, sur les ondes ou dans les mondes virtuels. Le projet CARMEN à Maurepas, et dans plusieurs communes de l’agglomération, a illustré la volonté d’impliquer les habitants en tant que choristes, de figurants ou pour l’accueil des artistes. 

 

2011 a été aussi l’année de la mise en œuvre des 2 Etablissements Publics d’Enseignement Supérieur : l’un établi entre  Bretagne et Pays de Loire pour le spectacle vivant (musique, danse et théâtre). L’autre, pour les arts plastiques, regroupe les 4 Ecoles de Beaux Arts de Bretagne : Brest/Quimper/Lorient et Rennes. Cette année a été aussi marquée par la mise en lumière et la reconnaissance de talents rennais : Boris Charmatz, Directeur du Musée de la Danse, a été invité comme artiste associé de la 65ème édition du Festival d’Avignon, le temps fort a été la création du spectacle “Enfants” dans la cour du Palais des Papes avec la participation de 27 enfants, spectacle que nous pourrons voir à Rennes, au TNB, en mai prochain. Ce que l’on sait moins, c’est la nomination d’Emmanuelle Vo Dinh à la Direction du Centre Chorégraphique National du Havre et de Renaud Herbin à la Direction du théâtre jeune public de Strasbourg : ces deux artistes étaient accompagnés par la Ville de Rennes ; ils ont trouvé ici les moyens de développer un projet artistique solide. 

 

L’année 2012 sera marquée par l’ouverture du nouveau bâtiment du Fonds Régional d’Art Contemporain dans le quartier de Beauregard ; la troisième édition de la Biennale d’Art Contemporain, Art Norac, l’exposition sur le japonisme du Musée des Beaux Arts, fruit de la coopération de 12 musées de Bretagne. Cette exposition sera l’occasion de rappeler notre lien particulier avec Sendaï qui a suscité un grand élan de solidarité lors de la catastrophe du tsunami. 

 

Culture universelle aussi avec le 2ème projet européen Prospéro mené par le TNB : 4 nouveaux partenaires européens viendront s’ajouter aux six déjà engagés dans le projet. Je salue  la santé de nos festivals toujours découvreurs de nouveaux talents : Mythos, Tombées de la Nuit, Mettre en scène, Electronika, Travelling. Je souligne les Transmusicales qui viennent d’être labellisées comme SMAC au titre des musiques actuelles.

 

Ne pouvant citer tout le monde, j’ajouterai simplement le départ prometteur du Festival du Film d’Animation de Bruz. Bien sûr, il faudrait aussi évoquer les multiples initiatives visant à promouvoir la pratique amateur. Je n’oublie pas les classes musicales (CHAM) dans les écoles en lien avec CRR (Conservatoire à Rayonnement Régional) ; c’est aussi dans cet esprit que nous avons lancé l’appel à projet pour l’usage du kiosque du Thabor magnifiquement restauré et inauguré en avril dernier. 

 

 

 

 

Ces ambitions sont à la mesure des défis à relever : dans ce “vivre ensemble” le rôle des collectivités est essentiel en période de crise économique, non seulement parce qu’elles assurent 75 % des investissements publics civils ;  mais aussi parce qu’elles sont le support fondamental de la cohésion sociale. Devant le risque de repli –avec au bout la récession- des menaces pèsent sur l’avenir de nos collectivités : 

 

  • procès injuste sur le soi-disant laxisme des collectivités. 
  • difficultés pour les banques à répondre aux besoins des collectivités locales : curieux paradoxe puisque les finances des collectivités sont saines –saines par obligation d’équilibre budgétaire- 

 

 

C’est au niveau de nos territoires que peuvent s’organiser au mieux les réponses aux besoins des citoyens, que peuvent s’organiser au mieux les conditions de développement, non pas contre l’Etat, qui cherche aujourd’hui à maintenir son pouvoir par une recentralisation larvée, mais avec un Etat qui joue son rôle de stratège et de régulateur en partenariat avec des collectivités locales exerçant pleinement leurs compétences. Je suis convaincu que ce sera un des enjeux majeurs de cette année 2012 : allons-nous entériner une réforme suspicieuse vis-à-vis des élus locaux ou plutôt reprendre le chantier d’un nouveau chapitre de la décentralisation qui libère l’énergie des territoires ?

 

Notre pays a besoin de régions fortes, ce n’est pas un problème de superficie ou de population, mais c’est une question de compétences et de moyens. Notre pays a besoin de villes et d’intercommunalités fortes structurant les bassins de vie. Là encore la question n’est pas liée à la taille mais à la capacité de répondre aux besoins des habitants, dans la perspective du développement et de l’emploi. 

 

Dans le débat qui s’est déroulé autour du schéma départemental de coopération intercommunale, Rennes Métropole a affiché son ouverture et sa disponibilité pour réfléchir avec tous les élus des communes qui forment notre bassin de vie. Après la réunion de la commission départementale le mois dernier, six communes vont nous rejoindre : Laillé –c’est déjà acté- puis Romillé, Langan, la Chapelle-Chaussée, Miniac sous Bécherel et Bécherel – la Communauté de Communes du Pays d’Aubigné a demandé un délai pour prendre la décision la plus collective possible. Nous prenons acte de ces décisions et orientations ; c’est une première avancée et nous accueillerons volontiers ces nouveaux arrivants. Pour anticiper l’organisation du bassin de vie, j’ai proposé de réfléchir à la création d’un pôle métropolitain avec l’ensemble des intercommunalités qui le composent. Ce pôle sera ce que nous voudrons en faire : une instance de réflexion et de propositions prospectives et/ou une instance d’organisation de services communs pour autant que les règles de solidarité soient partagées. C’est un beau chantier pour 2012 qui sera à mener de pair avec la révision de notre projet communautaire. 

 

En 2011, nous y avons travaillé avec l’ensemble des élus de nos 37 communes : groupes de travail et mobilisation de chaque conseil municipal. L’année 2012 devra nous permettre d’approfondir notre réflexion prospective à l’horizon 2030. Nous allons associer l’ensemble des habitants et des acteurs de notre territoire à cette réflexion sur les enjeux et les solutions pour répondre à ces défis. Ce sera un bel exercice de démocratie citoyenne locale. 

 

Toute cette dynamique communautaire reliée à l’ensemble des projets urbains de la Ville de Rennes se traduira par un grand rendez-vous citoyen du 29  septembre au 7 octobre prochain, au Liberté et dans nos communes. Ce rendez-vous, je proposerai de l’appeler “Viva Cités !” pour traduire la volonté tonique de notre projet urbain, métropolitain du “vivre ensemble”. 

 

Notre métropole a une responsabilité et des devoirs particuliers en tant que capitale de la Région Bretagne : à la fois assurer les fonctions métropolitaines, tenir notre rang sur le plan national et européen, et en même temps jouer un rôle d’entraînement pour l’ensemble des villes et de la Région ; les résultats du dernier recensement en sont une belle illustration : Rennes Métropole avec 30 000 habitants de plus sur 10 ans joue son rôle d’entraînement pour le département d’Ille-et-Vilaine mais aussi sur l’ensemble de la Bretagne (+ 25 000 habitants/an) puisque tous les départements progressent, ce qui est un élément nouveau et très positif.

 

L’heure n’est pas à opposer les petites villes et les grandes dans un débat totalement dépassé entre l’urbain et le rural ; l’heure n’est pas à exacerber des rivalités, ni à construire des frontières ; l’heure est plutôt à organiser des réseaux, des coopérations. A Rennes Métropole, nous parlons volontiers de Ville-archipel, marquant ainsi le choix effectué de développer l’ensemble des communes, plutôt qu’un seul noyau urbain. Et bien je parlerai volontiers, d’une Bretagne Archipel dans laquelle les villes grandes, petites ou moyennes ont la possibilité de se développer et de tisser des réseaux. Ce qui fait la force d’un archipel, c’est la densité et la qualité des liens entre ses composantes. Je ne prendrai qu’un exemple du rôle fédérateur de notre agglomération : sur 355 projets issus des 8 pôles de compétitivité du Grand Ouest, 54 sont communs à Rennes et Nantes, 53 entre Rennes et Brest, 28 entre Rennes et Lannion, 25 entre Rennes et Lorient, 17 entre Rennes et Quimper. 

 

Réseaux, coopération, articulation des échelles de territoire, application du principe de subsidiarité, c’est ce que nous faisons avec Nantes :  priorités de l’enseignement supérieur et de la Recherche, amélioration de la ligne ferroviaire entre nos deux villes, projets culturels croisés. Avec Saint-Malo aussi nous développons une coopération stratégique : c’est d’ailleurs avec Nantes et Saint-Malo que nous avons entrepris des échanges prometteurs avec le Québec. Dans cet esprit de réseau nous avons décidé de transformer l’Espace Métropolitain Loire Bretagne en pôle métropolitain, pour renforcer les coopérations entre  Rennes/Brest/Angers/Nantes et Saint-Nazaire : cette structuration, nous la voulons ouverte et à géométrie variable pour intégrer toutes les villes qui le souhaitent. 

 

 

 

J’ai voulu placer ces vœux sous le signe de la confiance, de l’innovation et de l’anticipation pour lutter contre le pessimisme et l’obsession de l’immédiat qui conduisent au repli sur soi et à la récession. 

 

Nous devons être dans le mouvement et dans la dynamique. Cette capacité d’anticipation rennaise et bretonne est reconnue, souvent enviée à l’extérieur. Je m’en réjouis mais ne m’en satisfais pas. Rester sur des acquis, sur le  statu quo ce serait régresser. J’ai la conviction que, face aux mutations économiques et sociétales, la place de nos collectivités sera de plus en plus déterminante. 

 

Je reprendrai volontiers, à mon compte une chronique du cercle des économistes (parue dans les Echos du 22 décembre) intitulée “Sauver nos Collectivités Locales” : “la sortie de crise se jouera près de chez nous, dans nos villes, départements et régions”…. Car, “les collectivités locales sont parmi les seuls investisseurs à long terme (souvent plus de 30 ans) dans une économie financiarisée qui privilégie le court terme”…. “l’investissement privé étant difficile à stimuler en période d’incertitude économique et l’investissement de l’Etat étant de plus en plus contraint …. Il reste l’investissement des collectivités locales qui prend aujourd’hui une importance qu’il n’a jamais eue dans l’histoire de notre pays”. 

 

Vous me permettrez, pour conclure, de citer Vaclav Havel, ancien Président de la République Tchèque, essayiste et dramaturge qui nous a quittés le 18 décembre dernier. 

 

Constatant “la dynamique suicidaire de notre civilisation planétaire”, il s’étonne “comme si on s’obstinait à ne se donner que des objectifs à court terme alors que le sort de la planète exige un sens de l’anticipation aigüe et volontaire”.

 

Je souhaite que cette année 2012 nous donne au plan local comme national et international cette capacité d’anticiper notre destin. 

 

Très bonne année à toutes et à tous. 

Delaveau

Voeux 2012 - Episode III - Aux acteurs du quartier de Rennes Le Blosne.
Avec le Maire et quelques collègues du Conseil Municipal (H Saoud, E Berroche, MA Chapdelaine, C Debroise (masquée), V Maho, G Kounga (masqué).

Voeux 2012 - Episode III - Aux acteurs du quartier de Rennes Le Blosne.

Avec le Maire et quelques collègues du Conseil Municipal (H Saoud, E Berroche, MA Chapdelaine, C Debroise (masquée), V Maho, G Kounga (masqué).